Covid-19 et cas contact : quand faire le test ? combien de temps s’isoler ?

Si l’épidémie reste pour l’instant relativement maîtrisée, avec un plateau “haut” et toujours “légèrement ascendant”, le gouvernement est attentif à l’évolution des variants, en particulier le variant anglais, qui est désormais majoritaire et qui semble plus transmissible. Les gestes barrière (port du masque de catégorie 1, lavage des mains, aération des pièces…) et la distanciation sociale (2 mètres désormais) sont plus que jamais indispensables, en complément de la campagne vaccinale.

Le dépistage et l’isolement aussi ! Si vous avez des doutes, vous devez vous isoler et vous faire tester”, a insisté Olivier Véran le 4 mars, déplorant que l’isolement est souvent trop tardif au sein du foyer familial ou que “des salariés vont travailler alors qu’ils ont des symptômes, en attendant le résultat du test”. Rappelons qu’il faut s’isoler sans attendre de savoir si le test est positif ou négatif.

C’est quoi, un cas contact ?

Imaginez : ce matin, vous apprenez que votre frère a été testé positif au Covid-19, la maladie provoquée par le Sars-Cov-2. Problème : vous avez déjeuné avec lui la semaine dernière sans faire attention à la distance. Vous devenez donc un “cas contact“.

On appelle “cas contact” toutes les personnes qui ont été en “contact étroit” avec un patient testé positif au Covid-19 (par un test PCR nasal) au cours des 14 jours précédant le diagnostic de ce patient“, clarifie le Dr. William Berrebi, gastro-entérologue et hépatologue, auteur du podcast Merci Docteur !

Les “cas contact” sont en effet susceptibles d’être infectés par le coronavirus (même sans le savoir : il n’y a pas forcément de symptômes) et donc de transmettre le Sars-Cov-2, participant ainsi à la propagation de l’épidémie…

Cas contact : quelle définition ? Selon Santé Publique France, vous êtes un cas contact si :

  • vous  avez partagé le même lieu de vie que la personne infectée par le coronavirus : vous vivez (ou avez vécu) ensemble,
  • vous avez eu un contact direct en face-à-face et à moins de 2 mètres de distance avec cette personne. Par exemple : vous avez discuté, vous vous êtes serré la main, vous avez mangé ensemble, vous avez passé une soirée ensemble…
  • vous avez partagé un “espace confiné” avec cette personne. Par exemple : vous avez partagé la même voiture, vous travaillez dans le même bureau, vous avez pris les transports en commun ensemble…,
  • vous êtes enseignant(e), infirmier / infirmière, dentiste… et vous avez été en contact avec une personne infectée par le coronavirus dans un contexte professionnel.

Attention ! Si vous avez été en “contact fugace” avec une personne testée positive au Covid-19, les autorités sanitaires considèrent que vous n’êtes pas un cas contact. En effet : le risque apparaît lorsque le “contact étroit” a duré (au moins) pendant 15 minutes. “Si vous avez brièvement croisé cette personne dans la rue ou à la caisse du supermarché, vous n’êtes probablement pas infecté par le coronavirus” traduit le Dr. Berrebi.

En outre, il faut que le contact remonte au maximum à 14 jours avant le diagnostic du patient infecté : “si vous avez pris un café avec cette personne il y a 2 mois, vous ne risquez rien non plus” ajoute le médecin.

Rappelons encore que le port du masque de protection contre le coronavirus réduit le risque d’être infecté.

Je suis cas contact : que faire ?

À savoir. “Lorsqu’un patient est diagnostiqué positif au Covid-19 par un test sanguin ou PCR nasal, le médecin (ou le patient lui-même) mène l’enquête pour remonter jusqu’aux cas contacts potentiellement infectés par le coronavirus” précise le Dr. Berrebi. L’application Stop Covid permet de faciliter les recherches.

Première chose à faire : s’isoler. D’une part pour éviter de contaminer vos proches et d’autres personnes si vous êtes infecté par le virus (et même si vous n’avez pas de signe). En effet, on peut être contagieux 48h avant l’apparition des signes ou être infecté sans avoir de signes de la maladie. D’autre part, pour contribuer ainsi à limiter la propagation de l’épidémie.

Deuxième chose à faire : se faire tester. “Dans cette situation, un test PCR nasal s’impose : rendez-vous dans un laboratoire indiqué par l’Assurance Maladie (sans oublier de porter un masque de protection et de respecter les gestes-barrière : vous êtes peut-être porteur du virus !), explique le Dr. Berrebi. Le test est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, il ne nécessite pas d’ordonnance.” Vous pouvez également effectuer un test PCR antigénique rapide en pharmacie si le délai est trop long en laboratoire.

Quand faire le test ?

  • Premier cas : vous vivez sous le même toit que la personne infectée (vous avez ou non des symptômes) => faites-vous tester immédiatement dans un laboratoire indiqué par l’Assurance Maladie ou sur le site santé.fr. et isolez-vous tout de suite.
  • Deuxième cas : vous ne vivez pas sous le même toit que la personne infectée => faites le test 7 jours après votre dernier contact avec la personne malade. Il est inutile de le faire avant car s’il est réalisé trop tôt, il peut être négatif même si vous êtes infecté. Et isolez-vous jusqu’au résultat du test.

En attendant les résultats (ou de pouvoir aller au laboratoire), on ne le répètera jamais assez, il est indispensable de s’isoler : “n’allez pas travailler, restez à la maison, portez un masque de protection en permanence (même à domicile), ne mangez pas en même temps que les autres personnes du foyer, aérez la salle de bain durant 15 minutes après votre passage, lavez-vous souvent les mains, désinfectez régulièrement les surfaces (poignées de portes, toilettes…), ne partagez pas les objets du quotidien (verres, serviettes de toilette, couverts…), faites-vous livrer vos courses et vos médicaments…” Bref : redoublez de prudence pour protéger votre entourage.

Si besoin, un infirmier peut passer chez vous et il existe des cellules territoriales d’appui pour vous aider pour vos courses ou garde d’enfant.

Si le test est positif… Vous devez vous isoler pendant 10 jours après le début de la maladie si vous avez des symptômes ou après la date du test si vous n’en avez pas. Si au bout de ces 10 jours, vous avez encore de la fièvre, vous devez rester isolé jusqu’à disparition des symptômes. Par ailleurs, vous êtes contacté par les équipes de l’Assurance Maladie pour identifier les personnes avec qui vous avez été en contact à risque (personnes sous le même toit, collègues partageant le même bureau, etc.).

Un suivi médical se met donc en place, notamment pour surveiller une éventuelle apparition des symptômes du coronavirus. “Les personnes avec lesquelles vous avez été en contact étroit deviennent à leur tour des cas contact” précise le Dr. Berrebi.

Si le test est négatif… Si vous vivez sous le même toit que la personne infectée, isolez-vous pendant 10 jours après sa guérison avant de refaire un test. Si ce second test est à nouveau négatif, et que vous n’avez toujours pas de symptômes, vous pouvez mettre fin à votre isolement.

Si vous ne vivez pas sous le même toit que la personne infectée, “vous n’êtes pas infecté par le coronavirus, vous n’êtes plus considéré comme un cas contact par les autorités sanitaires” explique le médecin. Vous pouvez mettre fin à l’isolement.

Ensuite, la vie reprend son cours… ce qui ne dispense pas des gestes-barrière !

Comment surveiller l’évolution des symptômes ?

Si vous avez des symptômes : prenez votre température deux fois par jour. En cas de fièvre ou de maux de tête, prenez du paracétamol : 1 gramme, 3 fois par jour maximum (3 grammes par jour au total). Ne pas prendre d’ibuprofène, ni un autre anti-inflammatoire. En cas de doute sur un médicament, contactez votre médecin. Si vous avez des difficultés à respirer, appelez immédiatement le 15 (ou le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes).

Si vous n’avez pas de symptômes : pendant l’isolement, prenez votre température 2 fois par jour et surveillez l’apparition d’un de ces signes : fièvre (ou sensation de fièvre), frissons, toux, mal de gorge, nez qui coule, difficultés à respirer ou une sensation d’oppression dans la poitrine, fatigue intense inexpliquée, douleurs musculaires inexpliquées, maux de tête inhabituels, perte de l’odorat, perte du goût des aliments, diarrhée. En cas de doute, contactez votre médecin.

Cas contact : comment bénéficier d’un arrêt de travail ?

Les personnes considérées comme cas contact à risque et ne pouvant télétravailler peuvent bénéficier d’un arrêt de travail dérogatoire, sans jour de carence. Pour faciliter la prescription de ces arrêts de travail, les personnes appelées par l’assurance-maladie en raison de leur statut de cas contact à risques peuvent procéder elles-mêmes à une demande directement en ligne via le site declare.ameli.fr.

Merci au Dr. William Berrebi, gastro-entérologue et hépatologue, ancien interne des Hôpitaux de Paris, auteur du podcast Merci Docteur ! et de Virus-animaux-humains : des liaisons (très) dangereuses – Du SIDA au Covid-19.

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